On dit parfois que Bois-Colombes ressemble à un village. C’est cet esprit que nous aimons et que nous souhaitons développer dans notre projet de cœur de ville rassemblé

Malheureusement, un village peut avoir ses inconvénients : pour l’Agence Régionale de Santé (ARS) d’Île-de-France, Bois-Colombes est un désert médical… ou plutôt, en termes techniques, une Zone d’intervention prioritaire, ce qui signifie que notre territoire manque cruellement de médecins. 

Et les chiffres parlent d’eux-mêmes : 11 médecins généralistes à Bois-Colombes, soit moins de 4 pour 10 000 habitants alors que la moyenne française est à 9. Et il y a urgence : 8 d’entre eux ont plus de 55 ans. 

Un contexte  compliqué

Certes, le secteur de  la santé en France est en pleine évolution. Les services d’urgence sont en pleine crise et n’arrivent pas à répondre à la demande de patients qui auraient souvent dû trouver une  solution plus adaptée que l’hôpital. Ces services sont coûteux, et devraient concentrer leurs efforts sur les patients qui en ont vraiment besoin.

Il s’agit de comprendre pourquoi les patients se dirigent vers les urgences et de leur proposer des solutions alternatives correspondant à leurs besoins. 

Il s’agit moins d’un problème de moyens que d’une question d’organisation.  Dans la santé comme ailleurs, les acteurs locaux, et en premier lieu les communes, se doivent d’adapter les dispositifs aux besoins des populations.

Quelles solutions ?

En tant qu’acteur de terrain, la commune est la mieux placée pour prendre des initiatives, par exemple pour augmenter l’offre de médecins à ses habitants. Pour cela, plusieurs solutions s’offrent à elle. 

Subventionner l’installation de cabinets médicaux 

La solution la plus simple est de compléter les aides financières que l’ARS propose déjà pour aider les médecins qui souhaitent s’installer sur la commune. Qu’ils soient seuls ou plusieurs à partager les mêmes locaux, la ville peut aider ces installations avec des subventions. 

C’est une solution où la commune s’engage a minima, et qui repose surtout sur l’initiative des médecins.

Subventionner des maisons de santé pluri-professionnelles (MSP)

Ces structures regroupent plusieurs professionnels de santé autour d’un projet médical commun. Il faut au moins 2 médecins généralistes (dont le statut reste libéral) et un auxiliaire médical pour former une MSP.

Mais cette solution, qui repose elle aussi sur l’initiative des médecins, ne lève pas tous les freins à l’installation.

Créer un centre de santé

C’est la solution la plus engageante pour la mairie,  qui prend elle-même l’initiative de créer une structure de santé, ou de participer à sa création. Le centre de santé est une entité juridique qui organise son activité en salariant des professionnels de santé. Comme le décrit assez bien le site du COSEM, l’exercice libéral attire de moins en moins les professionnels : les lourdeurs de la gestion administrative, le travail en solitaire découragent les vocations. De plus, même avec des subventions, ouvrir un cabinet libéral reste un investissement financier important, souvent inaccessible pour les jeunes médecins.

Le statut salarié peut donc séduire de nombreux praticiens, d’autant qu’ils restent évidemment responsables de leurs choix médicaux, et que  la structure prend en charge la gestion administrative et l’organisation.  

Pour les patients, les bénéfices sont nombreux : l’organisation au sein du centre de santé offre plus de souplesse, des plages horaires étendues, en particulier le soir et le week-end ; ils peuvent trouver au même endroit différents professionnels en fonction de leurs besoins ; enfin, les centres appliquant le tiers-payant, ils n’ont pas à avancer le prix de la consultation.

C’est une solution qui suppose un engagement fort de la mairie. Mais l’ARS lance depuis plusieurs années des appels à projets pour le développement, le soutien et la pérennisation des centres de santé.

Bois-Colombes connaît une situation critique d’offre médicale sur son territoire. Cette situation est reconnue par les autorités, ce qui devrait permettre de débloquer des aides pour la création de structures de soins, en s’appuyant sur l’actuelle volonté politique au niveau national de favoriser l’implantation des centres de santé. Ce type de centre permettrait de répondre à un véritable besoin des Bois-Colombiens. Toutes les villes limitrophes l’ont déjà fait, mais ce n’est pas le cas de la nôtre. On ne peut plus compter sur  la libre installation des médecins et attendre que les choses se fassent toutes seules. 

Avec la mise en place, entre autres mesures, d’un centre de santé, notre projet pour Bois-Colombes passe par une politique enfin volontariste sur le sujet, visant à répondre à cette attente que les Bois-Colombiens nous ont largement exprimée durant les nombreux mois où nous sommes allés à leur rencontre.

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